Un pôle d’intérêt culturel et scientifique. Niger

2005

Groupe de travail : Soufian Fezzani ,


Comment peut-on omettre toute la polémique récurrente autour du développement durable et des terminologies à adopter ou bannir ? en atterrissant par exemple à Agadez, au Nord Niger. Depuis peu l’aéroport international Mano Dayak semble avoir repris du service pour longtemps ! du moins c’est le souhait le plus cher des populations locales qui souffrent de la
situation de leur région qui se résume en quelques mots : enclavement, pauvreté très importante, climat sec et chaud...
C’est un processus déjà entamé puisqu’une quinzaine d’agences de voyages se partagent les
circuits et les contrats avec les tour opérators occidentaux, et l’engouement est
compréhensible au vu de la beauté et de la diversité des paysages de la zone : dunes de sables,
paysages lunaires, rencontre des peuples nomades sous la tente.

Et pourtant quelles richesses véhiculent ces cultures, fières et
d’une origine souvent difficile à déterminer ! nous sommes au croisement des anciennes routes sahariennes qui reliaient l’Afrique de l’ouest à l’Arabie Séoudite entre lesquels un trafic relativement intense découlait du commerce caravanier.
Aujourd’hui l’optimisme est au rendez vous et il s’agit pour cette région du monde de tenter de profiter de " l’ouverture sur l’extérieur " comme se plaisent à dire les agadezois. Entendez par cela, la possibilité d’accueillir un flux touristique contenu dans ce que l’on nomme le tourisme solidaire qui permettra d’influer d’une façon significative sur le niveau de vie local.

Plus récemment, des découvertes spectaculaires de fossiles de dinosaures ont permis d’imaginer un autre type de
circuit touristique, et d’après les
spécialistes il reste beaucoup de
spécimens à mettre en valeur. Il va de
soi que la valorisation du patrimoine
local apparaît comme un moyen
incontournable de développer cette
région d’Agadez Maintenant il reste à
mobiliser les détenteurs de pouvoir
pour oeuvrer dans ce sens car ce ne sont
plus les idées qui manquent.
A In’Gall par exemple, qui représente un
site stratégique de fossiles en tous
genres, la population est consternée de
voir que malgré des efforts importants
les choses n’évoluent que trop peu et
certains affirment même que tant qu’il
n’y aura pas de soutien logistique et
d’appui pour médiatiser la situation, les
fossiles resterons à la portée d’une
convoitise qui n’est plus exclusivement
locale mais aussi occidentale.

Il y a encore quelques semaines, en janvier, une quantité importante de
fossiles était saisie par les douaniers français de l’aéroport Roissy CDG. Nous
assistons à une fuite organisée du patrimoine fossile Nigérien estime Alain
Joseph, hydro-géologue français qui connaît bien le Niger, notamment pour y
avoir effectué des missions dans le cadre d’un programme européen de
développement pastoral au nord Niger appelé PROZOPAS.
Les gens souhaitent créer un pôle d’intérêt culturel et scientifique qui
prendrait la forme d’un écomusée avec des extensions de ce dernier aux sites
des découvertes. " La création d’un musée devrait permettre dans le cadre
d’une gestion coordonnée au niveau local, avec l’appui d’un organisme
international oeuvrant sur place tel que l’alliance française, de faire évoluer les
moeurs ", Alain Joseph.

A Agadez le centre historique est tout à fait délabré. Pourtant c’est le point de passage incontournable
pour tout touriste visitant la région ; mais la plupart du temps les agences locales récupèrent les
voyageurs à l’aéroport et les emmènent directement en circuit c’est à dire hors de portée des agadezois,
s’exclame Hamani, forgeron réputé. Il n’en reste pas moins que les habitants et commerçants d’Agadez
sont très mécontents et revendiquent un droit d’être au contact du touriste qui reste une denrée
précieuse. Dans les boutiques, on dénonce à demi mots l’omniprésence du syndicat du tourisme qui
s’apparenterait à un clan peu sensible à la collectivité.

Les ruelles dans la vieille ville nous rappelle le coté sinueux des venelles des vielles médinas arabes, qui permettent d’échapper tant
bien que mal au soleil, puisqu’ici il existe peu de constructions en étages. Le plus grand malheur des amoureux de cette ville est de voir
se développer une insalubrité significative des villes africaines dont l’urbanisme n’a pas prévu la croissance démographique. Les
conditions de vies y sont souvent plus dures qu’en brousse et les jeunes nomades s’accoutument mal de cet handicap citadin. Les
faubourgs s’étalent et le problème des déchets que certains veulent combattre dans la vielle ville s’étend à l’agglomération entière
victime d’un succès malheureux. En attendant des projets d’assainissements s’appliquerait pour permettre d’établir un parcours
architectural dans le vieux centre ce qui ravît les acteurs du développement et les commerçant.



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