« La réhabilitation des bidonvilles de Pune ».Maharashtra, Inde

2006

Christophe Aubertin


Pune s’étend sur 24400 hectares, la part officielle du bâti s’élève 7400 hectares. La face cachée de cette urbanisation est celle que représente la forte croissance d’implantation des bidonvilles dans la ville. Pune n’a pas été capable de
répondre progressivement et efficacement aux fortes vagues de migration. C’est pourquoi la majorité de la classe ouvrière réside aujourd’hui dans ce type d’habitat sauvage. Presque 40% de la population totale de la ville est installée dans des bidonvilles qui représentent 10% de la surface urbaine de Pune.
Le profil des slums change constamment. Le relevé réalisé en 2000 par Shelter et Associates sur 211 bidonvilles comprenant un total de 100 000 baraquements a révélé que la moyenne familiale s’élevait à 4,7 membres.
Aujourd’hui, le nombre total de slums à Pune est de 503 et parmi eux, seulement 353 ont accès à des services basiques tels que l’eau potable, les sanitaires, les égouts. La population totale des bidonvilles à Pune est de 1 500 000 habitants.

Etant sur le terrain depuis maintenant trois semaines, j’ai pu réaliser concrètement la nature du travail mis en oeuvre par des équipes locales expérimentées. Ma réflexion a donc considérablement évoluée suite à cette phase d’introduction et évoluera encore au fil des mois selon mes découvertes.
Cependant, j’ai pu distinguer quelques axes de réflexions généraux qui guideront ma recherche.

  • D’un point de vue urbanistique :
    La ville de Pune est sujette à une croissance exponentielle de sa population et à une urbanisation diffuse, spontanée et commerciale. Quel est le poids de ces ensembles de logements sociaux face aux divers ensembles qu’ils côtoient ? Comment peuvent ils représenter une véritable tranche urbaine et postuler à une appartenance à la ville ?
  • D’un point de vue communautaire :
    Quelle architecture de remplacement étant donnée une demande urgente, instable (à cheval entre tradition et modernité) et une offre standardisée imposée par des moyens extrêmement restreints ? Quel rapport à la communauté, à l’espace publique après l’expérience de la densité et de la promiscuité d’un bidonville ?
  • D’un point de vue domestique :
    Comment se passe l’appropriation des nouveaux espaces ? Comment les familles répondent elles à leur besoin de représentation sur l’espace public ? Les différentes
    pratiques et activités remarquées dans le bidonville sont elles transposables dans ce nouvel habitat ? Quel est le nouvel équilibre individualité/communauté mis en place
    dans ce nouveau modèle.


ASFInt

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